Pensionnat Fushigi

À première vue, tout semblait normal...
Accueil­Portail­FAQ­Rechercher­S'enregistrer­Membres­Groupes­Connexion
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujetPartager | 
 

 Un soir parmi tant d'autres

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Reda Toshiga



Messages: 70
Date d'inscription: 16/11/2008
Localisation: Proxima du Centaure (encore et toujours...)

MessageSujet: Un soir parmi tant d'autres   Dim 23 Nov - 1:54

La salle de vie du personnel, lieu assez vaste, souvent vide ces derniers temps. Vide d'âme, et d'objet, et de tout. Comme tout le reste du monde en cet instant. Désert... désert chaud et sec de la solitude qui finit par brûler les ailes de celui qui s'y abandonne. Désert froid et humide de la société où l'on finit prisonnier des glaces du système, l'iceberg le plus imposant et inévitable qu'on ait jamais vu.

Lui était loin de tout ça, loin de cette vision du monde, et pourtant il s'en délectait, parcourant chaque page du livre, chaque phrase, chaque mot, chaque syllabe, avec un intérêt grandissant. Assis dans son fauteuil, en face de la cheminée, il n'avait pas vu le temps passer, où plutôt, le temps terrestre, car plusieurs mois venaient de s'écouler dans le monde dans lequel il se trouvait actuellement. Le héros philosophe qu'il suivait jours après jours -ou plutôt minutes après minutes- ne l'émerveillait pas par la justesse de ses réflexions, mais bien par leur faussetés et sa capacité à se persuader lui même qu'il connaissait tout de ce monde, avait tout vécu, tout vu, tout fait... À quoi bon vivre alors ? À quoi bon se battre s'il ne reste plus rien à voir et à faire ? Plus aucune émotion nouvelle à ressentir ?

Il claqua la livre et le laissa lourdement tomber sur le meuble à sa gauche, le lâchement à quelques centimètres du support. La détonation fut comme un déclencheur tardif du retour à la réalité qu'il s'obligeait à présent.

*Pourquoi continue-t-il le combat ? Une lutte impossible contre soi-même, mais... y a-t-il un salut ?*

Ses yeux allèrent se poser sur la cheminée, éteinte, les cendres, mortes...

*...La chaleur froide...*

Il secoua la tête pour recentrer son attention sur un sujet de réflexion à venir, de préférence autre que la chaleur froide d'un feu de cheminée inexistant. Sûrement un rapport avec le film qu'il avait vu la vieille. Le titre lui échappait à présent, mais il était pratiquement sûr que c'était quelque chose du genre. Néanmoins il était désolé pour lui même de n'être même plus capable de retrouver le titre d'un film vu la veille.

*Il n'y a pas plus véritable pitié que celle que l'on a pour soi-même...*

Il ne savait pas d'où lui venait cette phrase, mais elle lui était venue, donc la question n'avait plus autant d'importance que la parole.
Est-ce qu'avoir pitié de soi changeait quelque chose à une situation, une vie ? Est-ce que les choses devenaient meilleures parce qu'on comprend qu'on s'infériorise à ses propres yeux ?

*Non, elles n'en sont que pire...*

...Il en était la preuve vivante...

_________________
L'espoir ne fait pas la vie, mais la survie. La survie, ce n'est qu'une lutte éternelle entre deux craintes qui nourrissent et pourrissent le cœur des Hommes. La Crainte de la Vie, et la Crainte de la Mort.

Le voie de la connaissance ? C'est celle qui vous apprend que vous ne savez rien.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Wenna
Prof d'art plastiques - La correctrice folle


Messages: 104
Date d'inscription: 29/11/2007

MessageSujet: Re: Un soir parmi tant d'autres   Ven 28 Nov - 1:06

Wenna parcourait les couloirs à grandes enjambées, le regard fixé sur les dalles puis les marches de l'escalier de la grande tours. Elle avait dépassé les étages autorisés aux élèves, les escaliers monumentaux devenais plus intimistes.

La femme sortit ses mains des poches de son long manteau noir et effleura du bout des doigts les parois rugueuses des l'escalier en colimaçon. Elle ferma les yeux un instant se laissant guider par le contact froid de la pierre sous ses doigts. Cet endroit lui avait manqué, elle s'y sentait bien, chez elle. Malgré l'impersonnalité des lieux, malgré le passage.
Et y revenir maintenant lui brisait le cœur. Son mariage avec Dan l'obsédait, comment elle avait pu accepter?! Keisuke, son père lui foutrai la paix une bonne fois pour toute, et surtout il abandonnerai les poursuites contre le pensionnat et Kieran.
D'ailleurs en parlant de Kieran, enfin pensant serai le terme approprié, il ne fallait surtout pas qu'il apprenne ce qu'elle avait accepté pour régler le problème Kurita.

Ces réflexions la menèrent tout droit à la salle commune, son feu crépitant, ses fauteuils profonds, et les longues discussions avec Takara les soirées d'hivers l'année passée... La prof poussa un discret soupir tout en poussant la porte de la salle.
Une personne était présente, Reda, prof de littérature japonaise. Elle ne le connaissait pas vraiment, ne lui ayant pas vraiment adressé la parole l'année passée. Wenna lui adressa un sourire forcé et alla s'enfoncer dans le ventre du "Monstre", comme elle et Takara l'avaient baptisé.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://toxicoxigen.blogspot.com
Reda Toshiga



Messages: 70
Date d'inscription: 16/11/2008
Localisation: Proxima du Centaure (encore et toujours...)

MessageSujet: Re: Un soir parmi tant d'autres   Dim 30 Nov - 10:50

Elle s'était assis dans un de ces grands fauteuils volumineux, juste après lui avoir adressé un sourire forcé, sans grand intérêt. Il se souvenait miraculeusement de son nom, sans trop savoir pourquoi vu qu'il ne se souvenait guère d'avoir entretenu une discutions quelconque avec elle l'année passée, ni l'avait d'avant. Mais était-elle là deux ans auparavant ? Non, peut-être... Il doutait comme d'habitude. Mais pour une fois, il s'avouait à lui-même que la question n'avait pas une importance colossale.

C'était la prof' d'art plastique, une matière qu'il chérissait particulièrement. L'interprétation des messages d'autrefois, d'aujourd'hui, et la création étaient deux choses qu'il avait assimilé à sa survie. Sa matière à lui n'était au fond pas si lointaine de celle-ci, sauf que lui interpréter des écrits, des syntaxes, des images verbales. La seule et véritable différence était le moyen d'expression, car dans les deux cas, tout n'était qu'abstraction et relativité. Une théorie, aussi approfondie soit-elle, pouvait s'effondrer d'un moment à l'autre, en fonction des personnes, des natures, des manières de penser, des degrés de réflexions, et d'une centaine d'autres critères.


- Bonsoir...

Rien ne laisser entrevoir l'obligation dans sa voix, en fait, rien ne laisser s'entrevoir tout court. Pas un sentiment, pas une nuance, mais une résonance si froide. Tel les parois de glace si lisse des régions nordiques. Une résonance qui allait si bien avec l'ambiance actuelle de la pièce, sans chaleur...

Allait-elle lui répondre ? Il en doutait. Il avait eu tout une année pour s'adresser la parole, cela n'avait jamais été plus loin qu'un bonjour, aujourd'hui c'était un bonsoir. Mais à bien y réfléchir, il s'en fichait royalement. Paradoxe de celui qui ne maitrise pas ses pensées, s'interroger sur un sujet auquel on ne porte guère d'attention.

_________________
L'espoir ne fait pas la vie, mais la survie. La survie, ce n'est qu'une lutte éternelle entre deux craintes qui nourrissent et pourrissent le cœur des Hommes. La Crainte de la Vie, et la Crainte de la Mort.

Le voie de la connaissance ? C'est celle qui vous apprend que vous ne savez rien.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Wenna
Prof d'art plastiques - La correctrice folle


Messages: 104
Date d'inscription: 29/11/2007

MessageSujet: Re: Un soir parmi tant d'autres   Dim 7 Déc - 21:28

Wenna releva la tête en direction de Reda. A vrai dire elle ne s'attendait pas vraiment à ce qu'il réponde à son sourire fade. Elle resta le regarder, ma bouche légèrement ouverte, les yeux un peu hagard.
La jeune femme ferma la bouche brusquement en claquant les mâchoires.
Elle bégaya un court instant avant de soupirer et d'adresser un pauvre sourire désespéré au prof de littérature.
Il devait la prendre pour une idiote finie, et voilà. Elle ne le connaissait pas et elle venait de certainement gâcher une possible nouvelle amitiée.

La jeune prof soupira et remonta ses jambes sur son fauteuil et se blottie dans le cuir usé du fauteuil. Elle n'allait pas bien.
Pile à se moment là son portable vibra. Un texto de Dan. Elle laissa échapper un gémissement de désespoir. Non vraiment, elle n'allait pas bien.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://toxicoxigen.blogspot.com
Reda Toshiga



Messages: 70
Date d'inscription: 16/11/2008
Localisation: Proxima du Centaure (encore et toujours...)

MessageSujet: Re: Un soir parmi tant d'autres   Dim 7 Déc - 22:21

Elle n'avait pas caché sa surprise suite au bref salut de Reda. Etait-il si étranger à ses yeux pour qu'elle s'étonna de si peu de chose ? Ce n'était pas un insociable, pas jusqu'à ce niveau du moins.

Wenna s'était recroquevillée dans le fauteuil. Cette position n'inspirait à Reda qu'un état de faiblesse avancée. C'était le cas, vu qu'elle n'avait même pas était capable de placer quelques mots, seulement un soupir...

Un téléphone qui vibre, un son indescriptible qui lui faisait légèrement penser à un requiem, une exagération de plus...


- Il s'appelle comment ?

Qui s'appelait comment ? Celui à l'origine de l'état d'esprit de la prof d'art plastique. Les années lui avaient tristement appris que l'Amour était la cause de tous les chagrins. C'était alors une affaire de cœur qui provoquait ce malaise certain de son interlocutrice jusqu'à présent muette ?

_________________
L'espoir ne fait pas la vie, mais la survie. La survie, ce n'est qu'une lutte éternelle entre deux craintes qui nourrissent et pourrissent le cœur des Hommes. La Crainte de la Vie, et la Crainte de la Mort.

Le voie de la connaissance ? C'est celle qui vous apprend que vous ne savez rien.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Wenna
Prof d'art plastiques - La correctrice folle


Messages: 104
Date d'inscription: 29/11/2007

MessageSujet: Re: Un soir parmi tant d'autres   Lun 8 Déc - 0:14

Wenna sursauta de nouveau quand la voix de Reda emplit la pièce.
Elle le regarda et étendit ses jambes terminées par une paire de bottines en cuir marron et à talon aiguille. Elle se leva et alla s'accroupir devant la cheminée qu'elle chargea de quelques bûches. Un craquement d'allumette plus tard, une agréable odeur de bois brûlé emplit la pièce.
La prof se retourna et fixa Reda quelques instants avant de détourner le regard. Pour le planter des les flammes qui dévoraient les brindilles et le bois sec.

Dan, il s'appelle Kurita Dan. Elle poussa un petit soupir et se retourna définitivement vers l'homme de lettres à qui elle adressa un tout petit, minuscule, sourire.
Désolée, je passe mon temps à soupirer... C'est pas ce qu'on fait de plus agréable pour une conversation... Elle était gênée, ma preuve en était ses doigts qu'elle maltraitait en les tordant et les entremêlant.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://toxicoxigen.blogspot.com
Reda Toshiga



Messages: 70
Date d'inscription: 16/11/2008
Localisation: Proxima du Centaure (encore et toujours...)

MessageSujet: Re: Un soir parmi tant d'autres   Lun 8 Déc - 0:40

- On ne converse pas que par les mots.

La chaleur commençait déjà à envahir la pièce, déployant un sentiment de réconfort incompréhensible dans toute la pièce.
Elle avait sourit... Il aurait bien voulu lui rendre ce sourire, mais il ne savais pas effectuer ce petit mouvement des lèvres qui se voulait traducteur de sentiments. Non, il ne savait pas sourire, jamais on ne lui avait appris...


- Si l'indiscrétion de la question qui va suivre ne vous parait pas trop forte, vous me ferez une joie immense en y répondant.

Une joie immense ? Peut-être, peut-être pas... En réalité, il sortait cette réplique du livre qu'il venait de poser sur la table. Prononcée par le héros, au chapitre deux, vers le milieu.

- Quelles actions déplorables a donc fait Kurita Dan pour installer le mal-être en vous ?

_________________
L'espoir ne fait pas la vie, mais la survie. La survie, ce n'est qu'une lutte éternelle entre deux craintes qui nourrissent et pourrissent le cœur des Hommes. La Crainte de la Vie, et la Crainte de la Mort.

Le voie de la connaissance ? C'est celle qui vous apprend que vous ne savez rien.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Wenna
Prof d'art plastiques - La correctrice folle


Messages: 104
Date d'inscription: 29/11/2007

MessageSujet: Re: Un soir parmi tant d'autres   Ven 16 Jan - 2:30

Elle releva la tête et eu un pauvre sourire en retournant s'assoir dans son vieux fauteuil.

Oh, il n'a rien fait de déplorable, il est juste... lui. De nous deux, la plus déplorable c'est moi, après tout c'est moi qui ai accepté de l'épouser. La jeune femme eu un rire sans joie.
Pardonnez-moi, mes histoires de cœur ne sont pas vraiment passionnantes. Et vous avez certainement mieux à faire que de m'écouter me lamenter sur les jours perdus de ma liberté. D'un mouvement du menton elle désigna le livre sur la table, Vous lisiez quoi?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://toxicoxigen.blogspot.com
Reda Toshiga



Messages: 70
Date d'inscription: 16/11/2008
Localisation: Proxima du Centaure (encore et toujours...)

MessageSujet: Re: Un soir parmi tant d'autres   Ven 16 Jan - 23:03

La Liberté faisait partie de ces choses dont l'importance nous apparaît quand on les perd. Wenna venait de l'apprendre à ses dépends. Par pudeur et politesse peut-être, elle s'excusa, remettant en cause l'intérêt de ses histoires de cœur. Puis, elle lui demanda ce qu'il lisait. Comme si ça, c'était plus important...

- N'importe qu'elle réalité n'était pas plus importante que n'importe qu'elle fiction ?

Et c'était celui qui vivait dans ses livres qui disait ça. Les choses et les êtres étaient parfois bien mystérieux, incompréhensibles avec leur principe du "fait ce que je dis, pas ce que je fais". À quoi bon ?

- Ca s'appelle "Au delà de l'instant"
, rajouta-t-il avec un léger sourire.

_________________
L'espoir ne fait pas la vie, mais la survie. La survie, ce n'est qu'une lutte éternelle entre deux craintes qui nourrissent et pourrissent le cœur des Hommes. La Crainte de la Vie, et la Crainte de la Mort.

Le voie de la connaissance ? C'est celle qui vous apprend que vous ne savez rien.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

Un soir parmi tant d'autres

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Pensionnat Fushigi :: Pensionnat :: La Grande Tour :: 2e étage - Salle de vie du personnel-
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet